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Le site présente des centaines de cartes postales anciennes et photos d'époque accompagnées de leurs légendes originales et, quand c'est possible, de commentaires sur leur contexte historique ou de références littéraires sur le sujet. Vous pouvez contribuer à l'enrichissement du site en communiquant des images, des données historiques ou des connaissances vécues ou transmises.

Photo d'une rue longeant le marché sandaga de dakar avec échoppes le long de la chaussée

Construit entre 1933 et 1935, le marché Sandaga – quelques fois orthographié « Sandyaga » comme ici ou « Sandiaga » - tiendrait son nom d’un arbre, « dang ga », marquant à l’époque son centre. Ce marché répond à une logique d’organisation ségréguée de la ville coloniale, progressivement instaurée dans la capitale sénégalaise depuis sa création dans la seconde moitié du XIXème siècle. Comme le note la légende manuscrite de l’auteur de cette photo, il est dévolu aux échanges des indigènes, et est situé le long d’axes menant aux quartiers périphériques où ils sont relégués. Sandaga approvisionne des marchés secondaires, formels et informels, situés dans les faubourgs populaires de la Médina. Les Européens, qui habitent dans le quartier du Plateau -agréablement tempéré par le vent du large-, vont au marché Kermel. Dans les rues autour de Sandaga se développe rapidement une zone commerciale très dynamique. Elle était tenue, jusque récemment, par de si nombreux marchands libanais qu’on désignait parfois Dakar sous le nom de « Beyrouth 2 ». Ils semblent avoir cédé la place à des commerçants sénégalais appartenant à la confrérie mouride. Sources : Sinou, Alain, Rives Coloniales, Paris, éditions Parenthèses et éditions de l’Orstom, 1993.

Distantes de 250 km, les villes de Zinder au Niger et Kano au Nigeria sont des escales importantes d’une voie de communication ancestrale, joignant le Golf de Guinée à l’Afrique du Nord, soit l’Atlantique à la Méditerranée via le Sahara. De longue date, des caravanes l’empruntent pour assurer les échanges entre les régions riches en or et ivoire et la tripolitaine. La conquête coloniale laisse une large partie du trajet dans le giron français, hormis l’extrémité méridionale, sous contrôle britannique. Même si elle est peu utilisée par les colonisateurs, qui préfèrent évoluer dans les limites de leurs propres possessions, elle reste néanmoins sécurisée par leurs soins, pour maintenir le commerce africain, source de revenus imposables. Pour cela, les étapes sont généralement érigées en postes militaires, gardés par une troupe indigène sous le commandement d’un officier ou d’un sous-officier européen. Cette piste n’est que rarement employée pour l’approvisionnement et le courrier des postes français du Niger, de la côte atlantique vers le sahel. Les voies via Say au Dahomey, voire via le Congo et le Tchad, lui sont préférées. Plus tard, après la Seconde Guerre mondiale, la ligne est exploitée par les petits autocars d’une entreprise privée algérienne. La Société des transports tropicaux relie ainsi le Maghreb à l’Afrique de l’Ouest, d’Alger à Kano en passant par Zinder, soit 3945 kilomètres, en 12 jours et 8 nuits d’hôtel passées dans les villes étapes. A Zinder, le voyageur venu d’Algérie pouvait aussi attraper –ou attendre- une correspondance pour Niamey ou Fort-Lamy.

 

Togo : Marktplatz von Agome-Palime.

Pour édifier les bâtiments nécessaires au développement de la colonie, les architectes allemands du Togo vont se montrer créatifs. Ils ont en effet à composer avec le coût exorbitant des matériaux importés et avec des impératifs techniques inhabituels pour eux, liés aux conditions climatiques tropicales. Leurs constructions doivent en effet tout à la fois protéger leurs occupants du soleil intense, de précipitations diluviennes et de l’humidité émanant du sol. Il leur faut aussi résister aux tornades dévastatrices de la saison des pluies et durer pour s’inscrire dans le temps. Pour cela, les bâtisseurs vont mobiliser leurs connaissances architecturales européennes, faire appel à quelques pièces venues d’Allemagne, mais aussi s’inspirer des modes de construction traditionnels locaux et utiliser des matériaux disponibles sur place. Ainsi, comme le font les constructeurs de la région depuis des lustres, ils vont veiller à orienter leurs édifices d’est en ouest pour n’offrir que la faible surface des pignons aux ardeurs du soleil levant et couchant. Ils optent souvent pour des galeries, ou de larges avancés du toit, pour ombrager les longues façades. Ils utilisent les vents nord-sud dominants pour aérer, grâce à des fenêtres sur les deux façades offrant une circulation d’air intérieure de part en part. Ils recourent aussi à une technique de dite de noyau central, où la maçonnerie est protégée de l’échauffement solaire par des écrans plus légers en bois. Enfin, ils reprennent à leur compte le système de double toit isolant, avec une circulation d’air entre les deux couvertures permettant de dissiper la chaleur des tôles exposées au soleil. Au bout du compte, ces emprunts, cette hybridation des techniques et des styles, aboutissent à une « architecture tropicale allemande » originale, dont les principes pourraient figurer sans pâlir parmi ceux de la construction durable contemporaine.

 

Eingeborene soldaten

"Soldats autochtones". Cette force de protection comptait, selon les postes budgétaires mentionnés en 1897-98, un commandant, trois sous-officiers et cent cinquante soldats indigènes. A partir de 1914, elle devint une force de police (polizeitruppe) affectée au maintien de l’ordre et de la sécurité intérieure. Elle était alors constituée d’une troupe de cinq cents soldats autochtones - principalement recrutés chez les Bassari, les Cotokolis, les Kabyé et les Dagomba -, encadrés par deux officiers et trois sous-officiers allemands. Il existait aussi un excellent corps de réserve, composé de quelques dizaines d’Européens. Au moment de l’entrée dans la Grande Guerre, les Allemands mirent sur pied une force autochtone estimée à 1500 hommes, mais n’en aligna effectivement jamais plus de 500, et qui ne parvint pas à changer le cours des choses face aux troupes françaises du Dahomey et britanniques de Gold Coast. 

Les comptoirs, forme traditionnelle du commerce de détail dans les colonies d’Afrique, vont progressivement céder le haut du pavé aux supermarchés. Ainsi, à partir des années 1950, les grands groupes de distribution français lancent des chaines de magasins modernes, en libre service, dans les capitales africaines. Leur but est de  stimuler les affaires, en répondant aux nouvelles attentes de la clientèle européennes des villes. Celle-ci vit désormais le plus souvent en famille, dispose de moyens accrus avec le dynamisme économique de l’après guerre et aspire à consommer à l’occidentale. En 1952, la SCOA (Société commerciale de l’Ouest Africain), pilier du secteur, lance l’enseigne « Printania » en association avec Le Printemps. Deux grandes surfaces sont crées sous ce nom au Cameroun, un à Yaoundé en 1958, l’autre à Douala en 1957, année où un Monoprix voit le jour la même ville. Les magasins à la mode ancienne, souvent opérés par des commerçants indépendants libano-syriens, perpétuent la distribution auprès des populations africaines et des Européens de brousse.

Kankan, porteurs de marchandises avant leur départ pour le Sud

Haut-lieu de loisirs pour le tout-Bamako européen, l’établissement voit le jour à la toute fin des années 1930. Il est fondé et bâti ex nihilo par Robert de Livry, l’un des deux fils de la famille qui exploite alors l’hôtel Le Normandie en centre-ville. Un peu à l’écart de la capitale, à 7 km sur la route de Kati, il devient vite une attraction incontournable grâce à sa piscine et à son lac artificiel où l’on pratique le ski nautique. Les activités de l’entreprise vont se diversifier dans les années 1950, avec l’exploitation d’une source naturelle sur le site, pour produire des boissons gazeuses sous la marque Crush. Il n’y avait aucun lien initial entre cet établissement de Bamako et son homonyme perché sur la corniche à Dakar, mais un mariage entre les enfants des deux familles – à la génération suivant celle du fondateur - vint en créer par la suite.  L’aventure prend fin au début des années 1990, peu après la session de l’affaire à un entrepreneur local, quand les installations sont pillées et incendiées en marge des troubles politiques de 1991. Sources : Philippe, Sébastien, Une histoire de Bamako, Brinon sur Sauldre, éditons Grandvaux, 2009.

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