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Le pont flottant de Treichville

 

Initialement appelé « Pont d’Abidjan à Port-Bouet », et souvent mentionné comme « Pont flottant d’Abidjan », l’ouvrage est inauguré le 9 août 1931. Il est destiné à relier le pays entier à la mer, par le chemin de fer, en franchissant la lagune Ebrié, ultime obstacle avant le littoral.  Il permet de surmonter le handicap majeur, pour la circulation des marchandises entrant et sortant de la colonie, que constitue la rupture de charge. Le fret sortant doit en effet être déchargé en gare d’Abidjan, embarqué sur des barges pour franchir la lagune, puis transiter sur la langue littorale avec des wagonnets de type Decauville, avant d’être finalement chargé dans les navires par les grues du wharf. Le ballet est le même, en sens inverse, pour les marchandises importées.

A l’origine, la gare d’Abidjan devait être à proximité des installations portuaires situées sur la lagune, ouverte vers la mer par l’aménagement du canal de Port-Bouet entrepris au tout début du XXe siècle.. Mais dès son achèvement en 1907, l’infrastructure s’est ensablée, empêchant l’accès aux navires. Pour les aménageurs de l’AOF, l’idée demeure de creuser un canal, pour créer un port en eaux profondes, et faire d’Abidjan la tête de pont d’un vaste réseau ferroviaire desservant la boucle du Niger, en s’étendant au-delà de la Côte d’Ivoire à la Haute-Volta, pour rejoindre le grand fleuve à Niamey. Le Niger serait ainsi touché par les lignes ferrées françaises en trois points : en amont, sur son affluent le Milo, à Kouroussa en Guinée, avec fenêtre sur la mer à Conakry ; puis plus bas sur son cours principal à Bamako, par la ligne « Océan-Niger », ralliant la capitale du Soudan français à Dakar ; enfin à Niamey avec la liaison vers Abidjan qui permet de contourner le cours bas du fleuve situé au Nigéria en territoire britannique.  Mais le temps et les ressources manquent pour ce projet ambitieux d’aménagement de la lagune ivoirienne. Le port d’Abidjan ne verra le jour que 20 ans plus tard avec le percement du canal de Vridi. Plus pragmatiquement, il est donc envisagé de relier la gare d’Abidjan au wharf de Port-Bouet par un pont. Pour des raisons techniques, la solution retenue est celle d’un pont flottant. Construit sur place, l’ouvrage permet tout à la fois le passage d’un train, de véhicules routiers et de piétons, mais aussi de bateaux avec un fort tirant d’air grâce à une partie basculante du tablier. Plus tard, quand le quartier de Treichville se développe, le pont finit par en prendre le nom.

 

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