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Dakar, rue des Essarts.
L’origine du nom de cette artère, l’une des plus anciennes de la capitale sénégalaise, fait débat. On s’accorde sur son intangibilité, elle s’est toujours appelée ainsi, de même qu’elle conserve de nos jours son tracé initial. Mais pour certains les « Essarts » font référence au défrichage nécessaire à son édification (c’est le nom donné à un espace gagné sur la forêt pour installer des activités humaines). Tandis que pour d’autres, il s’agit d’un hommage à l’enseigne de vaisseau René Des Essarts, tué par les troupes d’El Hadj Omar le 17 juillet 1857, lors du siège du Fort de Médine, à la veille de sa libération par le général Faidherbe. La rue fut tracée ex nihilo en 1862 - cinq ans seulement après l’installation française sur la presqu’île du Cap Vert - par le capitaine du génie Pinet-Laprade. Ce dernier organise le premier plan d’urbanisme de la ville, en s’inspirant du modèle d’une petite bourgade de province : il jette ainsi un boulevard portant son nom, quelques rues perpendiculaires et parallèles, dont la rue des Essarts, et une place centrale accueillant les activités de commerce, la place Kermel et le marché du même nom. Haut-lieu du quartier historique, la rue des Essarts accueillera, au fil du temps, le siège, la succursale locale ou la représentation pour l’AOF – dont Dakar était la capitale depuis 1902 - de nombreux opérateurs économiques et commerciaux, comme le Crédit Lyonnais, les magasins de confection « Ghislaine » et « Jaoudi », la CITEC – fournisseur officiel de « La toile d’avion » -, la Société anonyme de ravitaillement maritime… - Cette carte postale fait partie de l’importante collection due au photographe et éditeur dakarois Edmond Fortier (1862-1928), qui tenait d’ailleurs boutique rue Dagorne, une des voies transversales coupant la rue des Essarts au niveau du marché Kermel.
EN LIBRAIRIE
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Saint-Louis du Sénégal - Palimpseste d’une ville
Une promenade historique richement documentée au fil des époques successives de la ville-île, par l’auteur de Frères et Sujets. Du comptoir de traite à la capitale coloniale puis à la ville de province un rien assoupie, en passant par l’enjeu de rivalités franco-britanniques, le haut lieu de créolité et le laboratoire d’expérimentations citoyennes de la IIIème République... Les paradoxes d’une cité bâtie entre les eaux du fleuve Sénégal et les vagues déchainées de l’océan Atlantique, d’une enclave crétienne capitale d’un pays musulman, d’une ville européenne et métis dans un environnement africain.
Jean-Pierre Dozon, Editions Karthala, 2012.
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